A Caissargues se tient (aujourd'hui encore !) le 1er salon national du boutis. Mais qu'est-ce que le boutis ?
"Ce drôle de mot, dont l'étymologie n'est pas encore très sûre, caractérise une sorte de "bas-relief" sur tissu. Frédéric Mistral
disait de cet art textile qu'il "ressemble à un pré dont le givre brode de blanc les feuilles et les pousses". Joli, non ?
Il semblerait que le terme de "boutis" vienne du mot "emboutir" qui caractérise la phase de rembourrage du motif avec des mèches de
coton à l'aide d'une aiguille à bout rond, appelée justement... boutis." (Sur la route du textile provençal - Sarah Ben - Dominique Carpentier )
Alors, si vous vous trouvez dans la région de Nîmes, ne manquez pas cette magnifique exposition ; c'est jusqu'à 18 h ce soir ! Pour le plaisir des yeux et pour vous qui ne pourrez pas vous rendre à cette expo, en voici quelques images.
Voici venu le dernier jour du mois, le jour du Grand Chantier, voici venue la suite des aventures de Camomille l'ourse gourmande.
L'épisode précédent est ici, les
consignes du mois et la page de mots anciens tirée au sort sont ici.
DONC :
«Renversant, vraiment !», murmura Camomille les yeux écarquillés.
Là, devant elle, à mille lieues de la mer, loin, très loin du plus proche océan, un phare s’élançait au-dessus de la forêt, illuminant la canopée de son feu à éclipse toutes les vingt secondes ! Un sémaphore qui ne datait visiblement pas d’hier, mais n’était assurément pas là la veille !
En s’approchant, Camomille vit que la porte, à sa base, était entr'ouverte...
«Aujourd’hui est un grand jour, il se fait tard et je suis déjà en retard»,
se dit-elle. Mais comment résister ?
Camomille est ourse et n’en peut mais. Depuis que le monde est monde et que les ours y vagabondent, plus encore que les belettes, l’ourse est curieuse.
Et même Mathurin n’y peut rien.
Alors sans demander son reste notre mastozoaire plantigrade des pattes arrières abandonne le chemin, se faufile entre les arbres, dérange un nuage de mars qui virevolte au-dessus d’un champ de lys martagons, gagne l’entrée du phare, se glisse sous le massacre hideux qui en surmonte la voute, se saisit d’un martinet qui trainait là, l’allume et, tenaillée par la curiosité, s’engouffre dans l’escalier obscur qui monte, qui monte, qui monte...
Derrière elle, le vent a refermé la porte mais elle n’en a cure ; elle monte, elle monte, elle monte... et la tête lui tourne à force de grimper dans cet escalier en colimaçon.
Camomille est fatiguée et s'apprête à renoncer lorsqu’enfin, après ce qui lui a paru une éternité, elle débouche sur le balcon qui entoure la lanterne et là...
Je sais que vous n’allez pas me croire et pourtant Camomille me l’a confirmé cent fois.
Lorsqu’elle est sortie sur le balcon, le ciel était d’un bleu profond et rien - aucune terre, aucun arbre - ne s’interposait entre
le phare et l’horizon ; pas de forêt, pas de champignons au pied du sémaphore mais des vagues et, à perte de vue, l’océan !
«Camomille», se dit-elle, «n’en déplaise aux apparences, ce drôle de chemin ne te mènera pas au ciel !»
La suite le 31 mai.
Et par ICI, les autres Grands Chantiers...
* Montages photos réalisés à partir d'images du Net
Dans la foulée, voici trois autres fleurs fraîchement écloses qui vont prendre place dans la Gipsy Karavan.
Les digitales : points de chaînette surjeté, lancé, de feuille, de tige, de poste, de bouclette, de noeud, de fronce.
L'aneth : points de tige, de fougère, lancé, de noeud, de rose accordéon.

Les pyrèthres : points de tige, de fougère, de poste, de bouclette, de noeud, de rose accordéon, de fronce.
Et voici une vue d'ensemble des 9 blocs sur les 16 prévus :
Ça se précise !
Je commence à réfléchir au montage...
Grâce aux précieux conseils d'Arlette du club de travaux textiles d'Arles et à ce superbe livre que je dévorais des yeux depuis longtemps sans oser me lancer,
j'ai décidé de broder en relief les pensées qui constituent la nouvelle fleur de mon herbier.
Et je suis ravie du résultat !
Merci Arlette !!!
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